Connecting lexica in bilingual cross-script morphological processing: base and series effects in language co-activation

Madeleine Voga, Anna Anastassiadis-Symeonidis

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Abstract

The study aims to specify the role of morphological information in the architecture and organisation of the bilingual lexicon by clarifying the respective roles of complex words’ base and suffix. The experiment which involved advanced Greek-French bilinguals, used a masked priming cross-script protocol, where all primes were in Greek (L1) and all targets in French (L2). Three categories of suffixed words were tested, using the suffixes -ιστής /istís/ ‘‑ist’ and ‑isme: the first two categories were cognates, among which one was of complex but non-constructed words, i.e. whose base does not correspond to a lexical entry for the Greek speaker, e.g. ρεαλιστής /realistís/ ‘realist’ (Corbin, 1987, pp. 457-459), and the third category were non-cognates. The pattern of results demonstrates the strength of connections within the word family, even when the suffix is applied on an inexistent base. The data suggest the existence of an integrated lexicon, in which words from the two languages are interconnected, including through connections exclusively at the level of the suffix. In terms of language co-activation, the lexicon is shown to be much more sensitive to the ‘larger chain of morphological relations’ (Mulder, Dijkstra, Schreuder & Baayen, 2014), than to sub-lexical information during processing complex words.

Keywords: cognates, masked priming, Greek-French bilinguals, suffixed words, word family, morphological family.

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Résumé

Cette étude se donne comme objectif de spécifier le rôle de l’information morphologique dans l’architecture et l’organisation du lexique bilingue, en précisant les rôles respectifs de la base et du suffixe des mots complexes. L’étude, menée auprès de bilingues d’un niveau de compétence avancé, utilise un protocole d’amorçage masqué inter-langues, où toutes les amorces sont en grec (L1) et les cibles en français (L2). Trois catégories de mots suffixés ont été testées, avec les suffixes ‑ιστής /istís/ ‘‑iste’ et ‑isme : deux catégories de cognats, dont une avec des mots complexes non-construits, i.e. dont la base ne correspond à aucune entrée lexicale, e.g. ρεαλιστής /realistís/ ‘réaliste’ (Corbin, 1987, pp. 457‑459), et une de non-cognats. Le pattern de résultats démontre la force des liens à l’intérieur de la famille de mots, y compris lorsque les suffixes s’appliquent à des bases non existantes. Ces données corroborent une vue intégrée du lexique bilingue, dans lequel les mots des deux langues sont interconnectés, y compris par des connections uniquement au niveau du suffixe. En termes de co-activation de langues, nos données démontrent que le traitement bilingue est nettement plus sensible à la « chaine étendue des relations morphologiques » (Mulder, Dijkstra, Schreuder & Baayen, 2014) qu’à l’information sous-lexicale lors du traitement des mots complexes.

Mots-clefs : cognats, amorçage masqué, bilingues grec-français, suffixe, famille de mots, famille morphologique.